Au Bénin, le désarroi des voyageurs vers le Niger

Empreinte News

A la gare routière de la société nigérienne de bus Rimbo, dans le quartier Gbégamey de Cotonou, la capitale économique du Bénin, c’est la consternation parmi les voyageurs voulant se rendre vendredi matin au Niger.

Un employé de la compagnie de bus les congédie : « nous ne voyageons plus sur le Niger », assène-t-il en leur intimant de ne pas rester sur place. Les voyageurs qui espéraient se rendre dans le nord du Bénin pour traverser le fleuve vers le Niger sont dépités et n’ont d’autre choix que de repartir avec leurs bagages.

Les conséquences de l’interdiction de traversée du fleuve Niger mise en place par les autorités béninoises depuis cette semaine ne se sont pas faites attendre pour ceux qui, Nigériens ou voyageurs d’autres nationalités, avaient l’habitude de prendre le bateau depuis Malanville pour se rendre au Niger.

Le passage du fleuve Niger est désormais verrouillé côté béninois, pour les biens comme pour les personnes. Le seul point de passage autorisé est le passage terrestre du pont de Malanville, ouvert côté béninois mais fermé côté nigérien.

Car le Niger n’a toujours pas réouvert sa frontière avec le Bénin malgré la levée des sanctions de la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) en février à l’encontre des autorités militaires de Niamey, qui étaient en place depuis le renversement du président nigérien élu Mohamed Bazoum en juillet 2023.

Depuis, un bras de fer s’est engagé entre les deux pays, avec comme point d’achopement la circulation des biens de part et d’autre de la frontière, le Bénin enjoignant le Niger de rouvrir sa frontière.

Jusqu’à présent, les autorités béninoises fermaient les yeux sur les va-et-vient via le fleuve, mais elles ont décidé de durcir le ton tant que Niamey n’aura pas rouvert son côté frontalier.

Nouvelle situation

Dans la gare routière de Rimbo, les employés, d’ordinaire occupés à la réception des voyageurs et à leur orientation, discutent assis sur des bancs, désoeuvrés. Dans la cour, un des bus de la société est fermé. Des dizaines de colis et d’appareils électroménagers jonchent le sol.

Issa Hamadou, 68 ans, en partance pour le Niger avec sa plus jeune femme et son bébé a failli fondre en larmes.

« Je partais me soigner et me reposer, mais on me dit que les voyages ne passent plus », a-t-il déploré.

Au quartier Zongo, à la gare routière de la compagnie de bus nigérienne STM, des Nigériens se sont réunis pour évoquer « la nouvelle situation ».

« C’est très douloureux à vivre ce que les gouvernements du Bénin et du Niger nous font. Qu’ils s’entendent pour arrêter notre souffrance », déclare l’un d’entre eux, qui a requis l’anonymat.

Sabirath Ella, esthéticienne venue de Côte d’Ivoire pour se rendre au Niger tourne en rond. Elle doit annuler son trajet car « tout déplacement sur Niamey est suspendu jusqu’à nouvel ordre », lui a expliqué la compagnie.

« Nous ne voyageons plus là-bas. Nous attendons la décision du gouvernement », a déclaré Eric Samba, employé de STM.

À Malanville, l’interdiction de naviguer sur le fleuve Niger a pris effet mercredi matin, sans annonce officielle des autorités.

Le dispositif sécuritaire sur place s’est renforcé au cours de la journée de jeudi, selon des témoignages sur place.

Depuis l’entrée de la ville jusqu’au fleuve, les habitants notent des mouvements permanents de policiers qui surveillent les trajets des motos et tricycles transportant des marchandises ou des voyageurs.

« Nous veillons au grain contre tout moyen de contournement (de l’interdiction) », a déclaré une source policière à l’AFP.

« Les policiers nous ont interdit tout embarquement en direction du Niger. Nous avons décidé nous-mêmes de fermer pour ne pas nous faire envahir par les voyageurs qui sont obligés d’errer dans la ville », a expliqué à l’AFP le responsable d’une société de transport à Malanville.

Dans la ville, des dizaines de voyageurs venus de toute l’Afrique de l’ouest errent sans but.

Avec AFP

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