
Agriculture durable, restauration des terres, accès à l’eau et autonomisation économique : le programme FFA du Programme alimentaire mondial transforme progressivement les capacités productives des communautés dans les régions des Savanes et de la Kara.
Au Togo, les efforts en faveur de la sécurité alimentaire passent par la mise en place de solutions durables permettant aux communautés de produire davantage, de préserver leurs ressources naturelles et de renforcer leurs revenus. C’est dans cette perspective que le Programme alimentaire mondial (PAM) aux côtés du gouvernement togolais met en œuvre, depuis 2024, le programme d’Assistance alimentaire pour la création d’actifs, connu sous l’appellation anglaise Food For Assets (FFA).
Déployé dans les régions des Savanes et de la Kara, ce programme repose sur une approche participative qui associe les populations à la réalisation d’infrastructures et d’actifs communautaires durables. En contrepartie de leur participation aux travaux, les bénéficiaires reçoivent une assistance financière. Le dispositif est complété par des formations destinées à promouvoir les pratiques agricoles durables, la gestion des ressources naturelles et la restauration des terres dégradées.
L’objectif est de renforcer la capacité des ménages à faire face aux chocs économiques et climatiques, tout en créant les conditions d’une amélioration durable de la sécurité alimentaire.
Des terres restaurées et des infrastructures au service de la production
La restauration des terres dégradées, le reboisement et l’amélioration de l’accès à l’eau figurent parmi les principales interventions du programme. Dans le village de Tadem Lao, les activités de réhabilitation des terres et de reboisement illustrent cette volonté de concilier protection de l’environnement et développement local.
Sur le plan agricole, les investissements dans les infrastructures contribuent à améliorer les conditions de production et de commercialisation. Construction de puits, aménagement de dispositifs d’irrigation et réhabilitation de pistes rurales permettent aux producteurs de mieux exploiter leurs terres et de faciliter l’acheminement de leurs récoltes vers les marchés.
À Kassi, localité reconnue pour ses activités maraîchères, la construction de puits avec l’appui du PAM et l’aménagement d’une piste rurale de 1,5 kilomètre par la population constituent des réalisations importantes pour les producteurs. Cette voie facilite l’écoulement des produits agricoles et réduit les difficultés liées à leur transport.
À Windja, dans le canton de Kpèzindè, une ferme rizicole témoigne également des possibilités offertes par le développement des activités agricoles et la valorisation du potentiel productif des communautés.
Ces initiatives montrent que les infrastructures rurales ne constituent pas seulement des équipements matériels. Elles représentent aussi des leviers pour améliorer la productivité, développer les échanges commerciaux et renforcer les revenus des ménages.
Des coopératives agricoles connectées aux cantines scolaires


Le programme FFA soutient également les producteurs à travers la fourniture de semences et d’engrais aux coopératives. Cet accompagnement vise à consolider les capacités de production et à favoriser une agriculture plus productive et durable.
Une autre dimension importante concerne le rapprochement entre les producteurs locaux et les cantines scolaires. Des contrats prévoient que les coopératives livrent 25 % de leurs produits aux cantines pour la préparation des repas destinés aux écoliers.
Ce mécanisme crée un débouché pour les productions locales tout en contribuant à l’approvisionnement des cantines scolaires. Il favorise ainsi les liens entre agriculture familiale, économie locale et alimentation scolaire.
Pour les coopératives, ces engagements peuvent offrir des perspectives de commercialisation plus régulières. Pour les établissements scolaires, ils participent à la dynamique de promotion des produits locaux dans l’alimentation des élèves.
Foyers améliorés, compost et diversification des revenus


La résilience des communautés repose aussi sur une meilleure gestion des ressources énergétiques et naturelles. Dans les zones d’intervention, le programme FFA encourage notamment la promotion des foyers améliorés et la production de compost.
Les foyers améliorés contribuent à limiter la consommation de bois de chauffe, tandis que le compost favorise la valorisation des matières organiques et l’amélioration de la fertilité des sols. Ces solutions participent à la réduction de la pression sur les ressources forestières et à la promotion de pratiques plus respectueuses de l’environnement.
Parallèlement, les formations proposées aux bénéficiaires renforcent leurs compétences en matière de création, de gestion et d’entretien des actifs communautaires. Elles ouvrent également des perspectives de diversification des activités économiques, notamment dans l’élevage et la fabrication de savon.
Les femmes et les jeunes bénéficient particulièrement de cette dynamique. L’assistance financière, combinée à l’acquisition de nouvelles compétences, leur offre des possibilités supplémentaires pour développer des activités génératrices de revenus et améliorer les conditions de vie de leurs ménages.
Plus de 46 000 bénéficiaires recensés en deux ans
Les données communiquées pour la période 2024-2025 font état de résultats significatifs. Au total, 46 320 bénéficiaires ont été recensés dans le cadre de la mise en œuvre du programme. Environ 1 million de dollars américains a été distribué sous forme de transferts monétaires.
Sur le plan environnemental et infrastructurel, les réalisations comprennent 78 hectares de terres boisées ou réhabilitées, 18 points d’eau construits ou réhabilités et 20 940 plants d’arbres produits ou fournis.
Ces résultats contribuent à la restauration des espaces dégradés et s’inscrivent dans les efforts nationaux de reboisement, notamment l’ambition du gouvernement togolais de planter un milliard d’arbres.
Au-delà de ces indicateurs, l’approche du FFA vise à inscrire les interventions dans la durée en associant les communautés à la création d’actifs dont elles peuvent tirer des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux.
En 2026, un besoin de financement de 9,5 millions de dollars




Pour poursuivre cette dynamique, le PAM estime nécessaire de renforcer les ressources consacrées au programme. Pour 2026, l’organisation sollicite 9,5 millions de dollars américains afin de mettre en œuvre une stratégie de résilience fondée sur le concept de territoires écorésilients.
Cette enveloppe doit notamment permettre d’atteindre 40 000 bénéficiaires et de transférer 4,1 millions de dollars en aides monétaires aux populations ciblées.
La mobilisation de ces ressources constitue un enjeu important pour étendre la couverture géographique des interventions, consolider les acquis et assurer la pérennité des actifs créés. Elle doit également permettre de renforcer les capacités des communautés à prévenir et à surmonter les crises alimentaires, économiques et climatiques.
Le programme de résilience du PAM au Togo bénéficie des contributions généreuses de partenaires, notamment Australian Aid, qui accompagne les efforts déployés en faveur des populations vulnérables.
En définitive, le programme FFA illustre une approche du développement rural qui associe assistance financière, investissements communautaires et protection de l’environnement. En faisant des populations des actrices de la création d’actifs durables, le PAM entend contribuer à bâtir des communautés plus autonomes, capables de renforcer leur sécurité alimentaire et de préserver leurs moyens de subsistance.
L’ambition pour 2027 est donc de consolider les acquis et de donner une nouvelle ampleur à cette approche, en faisant de la résilience communautaire un levier durable de développement au Togo.