DUNENYO ZA : la jeunesse appelée à reprendre le flambeau culturel


Au moment où la 8e édition de la fête identitaire des natifs du Grand Lomé amorce ses dernières heures vers la cérémonie apothéose du 15 août 2026, de sérieuses pistes de relève générationnelle se dégagent au cours d’une conférence débat consacrée.
Comment assurer la pérennité de DUNENYO ZA dans un contexte où les jeunes générations sont de plus en plus exposées à de nouvelles références culturelles ? La question était au centre d’une conférence débat consacrée au rôle de la jeunesse du Grand Lomé dans la sauvegarde et la valorisation de cette célébration identitaire.

La rencontre, placée sous le thème « Jeunesse du Grand Lomé, porte-flambeau de la sauvegarde de la célébration de DUNENYO ZA : quelles stratégies pour une implication efficiente des jeunes aux activités socioculturelles dans les communes ? », a permis de mettre en lumière les défis liés à la transmission du patrimoine culturel.

Au cœur des échanges le 10 août 2026 à la maison des jeunes d’Amadahome, une conviction : la survie des traditions dépend aussi de la capacité des jeunes à se les approprier et à les faire vivre dans leur époque.

Une tradition à transmettre, une jeunesse à responsabiliser

Pour les organisateurs, DUNENYO ZA ne doit pas être perçue uniquement comme un rendez-vous festif. La célébration constitue également un espace de transmission de l’histoire, des valeurs et de l’identité des communautés du Grand Lomé.

Dans cette perspective, la jeunesse est appelée à dépasser le rôle de simple spectatrice. Elle doit être associée aux différentes étapes de la célébration, depuis la réflexion jusqu’à l’organisation et à la promotion des activités.

Les échanges ont ainsi permis de poser la question de la responsabilité des jeunes dans la préservation des pratiques culturelles, mais aussi de leur capacité à proposer de nouvelles formes de valorisation du patrimoine.

Les chefs traditionnels interpellent la nouvelle génération

La présence des vénérés Chefs de Canton Togbuigan DZIDZOLI DETU X et Togbuigan Kodjo Helou Edmond Sedzro IV a donné une dimension particulière à cette rencontre. À travers leur expérience et leur connaissance des traditions, les deux chefs ont constitué des interlocuteurs privilégiés pour rappeler l’importance de la transmission intergénérationnelle. Le défi consiste désormais à créer davantage de passerelles entre les détenteurs de la tradition et les jeunes. Ces derniers doivent pouvoir accéder aux connaissances historiques et culturelles, comprendre leur portée et surtout trouver les moyens de les transmettre à leur tour.

Les communes, un cadre privilégié pour mobiliser les jeunes

La réflexion a également porté sur la participation de la jeunesse aux activités socioculturelles dans les communes.

Les collectivités locales disposent en effet d’un cadre favorable pour encourager les initiatives culturelles portées par les jeunes. Activités artistiques, concours, expositions, rencontres intergénérationnelles, formations, festivals et projets numériques peuvent contribuer à rendre la culture davantage accessible à la nouvelle génération.

Une implication plus structurée des associations et organisations de jeunesse pourrait également permettre de renforcer la mobilisation autour de DUNENYO ZA.

Le numérique comme nouvel outil de transmission

Les jeunes étant particulièrement actifs sur les réseaux sociaux, ces plateformes peuvent devenir de véritables espaces de promotion du patrimoine culturel. Vidéos courtes, podcasts, interviews des anciens, archives photographiques, documentaires et contenus éducatifs pourraient contribuer à raconter autrement l’histoire et les traditions du Grand Lomé.

L’enjeu est donc de concilier tradition et modernité, sans dénaturer l’identité culturelle.

Vers une nouvelle génération d’ambassadeurs de DUNENYO ZA

Au terme des réflexions, l’idée d’une mobilisation durable de la jeunesse apparaît comme une nécessité.

Il s’agit notamment de favoriser la création de réseaux de jeunes ambassadeurs de DUNENYO ZA, de renforcer les programmes de transmission culturelle et de donner davantage de responsabilités aux jeunes dans les différentes activités de la célébration. Car, au-delà de l’édition en cours, la véritable question est celle de la relève.

DUNENYO ZA pourra durablement rester un symbole de l’identité et de la cohésion des communautés du Grand Lomé si les jeunes en deviennent les premiers ambassadeurs. La conférence débat aura ainsi permis de rappeler une évidence : préserver la culture ne signifie pas seulement conserver le passé ; c’est aussi donner à la jeunesse les moyens de construire l’avenir à partir de cet héritage.

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