Depuis son canapé, l’électron libre et la révolution de la piétaille…

Tout le monde veut le changement, mais sans bouger. Et si le vrai problème du Togo n’était pas le système RPT‑UNIR, mais la passivité de ses prétendus « électrons libres » ?
Nous payons tous aujourd’hui le prix du manque d’engagement des Togolais.
Lorsque tu rencontres pour la première fois un Togolais qui apprend que tu es engagé dans une organisation de la société civile, la première chose qu’il te dira est souvent :
« Moi, je suis neutre. Je suis un électron libre. Je ne suis encarté nulle part, ni dans une organisation de la société civile (OSC), ni dans un parti politique. »
Puis il ajoutera :
« Mais je pense que les OSC devraient faire ceci, que les partis politiques devraient faire cela, que tel leader devrait agir ainsi, que le peuple devrait se mobiliser autrement. Sans cela, la lutte n’aboutira jamais. »
Toi, électron libre, qui sembles savoir ce qu’il faut faire pour que la lutte aboutisse, pourquoi ne le fais-tu pas ?
Toi, électron, qui dis savoir ce que le peuple doit faire pour prendre ses responsabilités, ne fais-tu pas partie de ce peuple qui doit se lever comme un seul homme ?
Toi, électron libre, qui sais ce que les organisations de la société civile doivent entreprendre pour faire avancer la cause commune, ne réalises-tu pas que tu fais partie de cette société civile ?
Ce sont pourtant des citoyens comme toi qui ont choisi de s’unir, à dix, douze, vingt ou davantage, pour identifier un problème qui concerne tout le peuple et tenter d’y apporter, modestement, une solution collective. Ils se sont donné des règles, des objectifs et des modes de fonctionnement pour agir sur le terrain — un terrain dont tu ignores souvent tout, mais que tu n’hésites pas à critiquer à chaque occasion.
Et pourtant, ces militants-là subissent une répression féroce et multiforme. Beaucoup sont privés d’un emploi décent ; d’autres, qui tentent de survivre avec une petite activité, subissent toutes sortes de tracasseries. Malgré tout, ils poursuivent leur lutte, avec les moyens du bord et souvent au péril de leur vie.
Pendant qu’eux prennent les coups, respirent les gaz lacrymogènes et goûtent aux affres de la prison, l’électron libre, lui, pérore !
Il voue une haine viscérale aux partis politiques, qu’il oppose au peuple, oubliant que les militants de ces partis font aussi partie de ce même peuple. Eux ont simplement choisi d’assumer leurs responsabilités : s’organiser dans une structure, suivre des règles, cotiser, participer à des réunions de sous-sections, de sections, de bureaux politiques ou nationaux — tout un engagement dont l’électron libre ne connaît ni la rigueur ni les sacrifices.
Et dès que ces organisations décident démocratiquement d’organiser un meeting d’information, de mobilisation ou de participer à une élection, la toile s’enflamme. Chaque électron libre y va alors de sa fatwa, brandissant des accusations mensongères comme des vérités révélées.
On oublie que nombre de partis politiques ont, en réalité, été créés artificiellement par le ministère de l’Administration territoriale pour neutraliser les véritables partis d’opposition — ceux que le système RPT‑UNIR pousse systématiquement au boycott des élections en lâchant ses chevaux de Troie.
Togolais, mon frère ! Où sont passés ta foi et ton courage, ceux-là mêmes par lesquels la Nation togolaise est née ?
Il est temps que les électrons libres cessent de flotter seuls dans le vide.
Qu’ils s’unissent, s’entrechoquent, forment une étincelle.
Car c’est cette étincelle-là qui allumera, enfin, la flamme du changement.

B.A BA

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