À l’horizon 2035-2050, le Togo entend mieux anticiper les transformations de son espace marin et côtier à travers l’analyse prospective des futurs possibles de son littoral. Une démarche stratégique qui doit contribuer à une planification maritime durable, cohérente et adaptée aux enjeux économiques, environnementaux et sociaux.
Comment organiser durablement l’espace marin et côtier togolais face aux transformations à venir ? C’est à cette question que répond le processus d’analyse des conditions futures engagé dans le cadre de l’élaboration du Plan spatial maritime (PSM) du Togo.
Coordonnée par le Haut Conseil pour la mer (HCM), en collaboration avec le Comité des pêches du Centre-Ouest du golfe de Guinée (CPCO), cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet MarEcoPlan, financé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
L’analyse des conditions futures constitue une étape déterminante dans l’élaboration du PSM. Après le diagnostic de l’état actuel de l’espace marin et côtier, elle vise à explorer plusieurs trajectoires possibles de développement du littoral togolais à l’horizon 2035-2050, avant la phase ultérieure de zonage maritime.
Pour Dr Lare PENN, chef de cabinet au HCM, la planification spatiale maritime ne saurait être l’affaire d’une seule administration. « Elle nécessite une approche interministérielle et intersectorielle, dans laquelle chaque institution contribue, dans le respect de ses compétences, à la construction d’une vision cohérente de l’avenir de notre espace marin et côtier » a-t’il ajouté en ouvrant officiellement les travaux.
Anticiper les changements pour mieux décider
L’enjeu est de mieux comprendre les évolutions susceptibles de transformer le littoral togolais. Les projets d’infrastructures, les investissements, les politiques sectorielles et les dynamiques environnementales figurent parmi les éléments à prendre en compte pour construire une vision prospective de l’espace marin et côtier.
La démarche prévoit ainsi l’inventaire des développements futurs engagés, probables ou envisagés, ainsi que l’identification et la hiérarchisation des principaux moteurs de changement selon leur impact potentiel, leur degré d’incertitude et leur pertinence spatiale.
À partir de ces éléments, les acteurs concernés seront amenés à élaborer plusieurs scénarios spatiaux alternatifs décrivant des futurs plausibles du littoral togolais. Ces scénarios permettront de mieux apprécier les conséquences possibles des choix de développement et d’identifier les espaces nécessitant une attention particulière.
Une approche participative et multisectorielle
La réussite de cet exercice repose sur la mobilisation d’acteurs institutionnels et sectoriels aux compétences complémentaires. Les administrations publiques, les structures maritimes et portuaires, les forces de sécurité, les collectivités territoriales, les universités, les organisations professionnelles de la pêche et les acteurs de l’environnement sont notamment concernés.
Au total, les termes de référence prévoient la participation de 67 personnes. Les représentants des différentes institutions sont invités à apporter leurs documents de planification sectorielle, les informations relatives à leurs projets en cours ou programmés, ainsi que les données disponibles sur l’espace marin et côtier.
Cette démarche participative doit permettre de croiser les connaissances, de confronter les hypothèses et de construire une compréhension commune des enjeux. Elle accorde également une place à la spatialisation des scénarios dans les milieux marin, côtier et terrestre, afin de rendre plus concrètes les évolutions envisagées.
Quatre jours pour construire des scénarios et des orientations stratégiques
L’atelier prévu sur quatre journées consécutives s’articule autour d’une progression méthodique.
La première journée sera consacrée à l’inventaire des développements futurs et à l’identification des moteurs de changement. La deuxième portera sur leur hiérarchisation, la construction des scénarios alternatifs et la cartographie participative de l’espace maritime, notamment des zones de pêche.
La troisième journée sera dédiée à la spatialisation des scénarios dans les espaces côtiers et terrestres. Enfin, la quatrième journée permettra de restituer et de valider les résultats, d’examiner les cartes produites et de formuler des orientations stratégiques provisoires destinées à préparer la future phase de zonage du Plan spatial maritime.
Les travaux devront aboutir à plusieurs livrables, dont un registre des développements futurs, des fiches d’analyse des moteurs de changement, des scénarios spatiaux documentés, des cartes annotées et une carte de synthèse inter-scénarios. Un catalogue des lacunes de données à combler avant le zonage est également attendu.
Vers une gestion durable et concertée de l’espace maritime
Au-delà de l’exercice technique, l’analyse des conditions futures constitue un outil d’aide à la décision. Elle doit contribuer à identifier les zones à préserver, les espaces soumis à de fortes contraintes, les secteurs dont l’évolution dépendra des scénarios retenus et les territoires pour lesquels des données supplémentaires sont nécessaires.
En préparant les décisions futures à partir de plusieurs hypothèses d’évolution, le processus d’élaboration du PSM vise à renforcer la cohérence des interventions dans l’espace marin et côtier.
Pour le Togo, l’enjeu est de disposer d’une vision prospective permettant de mieux articuler les usages maritimes, les activités économiques, les besoins des communautés côtières et les impératifs de préservation de l’environnement.
L’analyse des conditions futures représente ainsi une étape essentielle vers une planification spatiale maritime éclairée, concertée et tournée vers le long terme. Les résultats de cet exercice serviront de base aux travaux ultérieurs de zonage, qui devront traduire les orientations retenues en choix d’organisation de l’espace marin et côtier national.